Le chemin
spirituel du Cœur – du temps du Père Chevalier jusqu’à aujourd’hui
Discours
prononcé à l’occasion de la rencontre internationale de la laïcité MSC
à Santo
Domingo en novembre 2008
Sr. Stephani
Orlowski, msc, Allemagne
Partie I
Chers amis sur le chemin spirituel du Cœur,
Je suis reconnaissante d’avoir l’occasion de vous parler
de notre spiritualité MSC comme le « Chemin du Cœur ».
« Être le Cœur de Dieu dans le monde »
constitue le thème de notre rencontre ici à cet endroit magnifique. Nous avons
entendu plusieurs interventions qui contribuent à comprendre notre spiritualité.
Je suis persuadé que chacun d’entre vous peut identifier plusieurs aspects de
comment cette spiritualité peut être vécue.
J’ai intitulé cette allocution « le chemin spirituel
... du temps du Père Chevalier jusqu’à aujourd’hui ».
Mais je n’ai pas l’intention de répéter ce qui a déjà été
dit au sujet de Chevalier lors du congrès à Issoudun l’année passée.
J’aimerais plutôt me focaliser sur un certain aspect qui
me semble être tout à fait essentiel : le changement et la transformation
de notre cœur sur ce chemin spirituel.
Jules Chevalier devint séminariste dans une époque où
prédominait l’image d’un Dieu impitoyable et punissant. Pour être un bon
chrétien, il fallait dès lors accepter de vivre une vie de pénitence et d’ascétisme.
A l’époque, la dévotion au Sacré Cœur était comme un
contremouvement. Nouvellement ravivé et promu partant du fait que par sa mort à
la croix, Jésus avec réconcilié ce Dieu sévère.
Le jeune séminariste qu’était Chevalier était attiré par
la dévotion au Sacré Cœur et y a trouvé son foyer spirituel.
L’expérience spirituelle décisive lui était donnée
lorsque l’un de ses professeurs indiquait que l’amour de Dieu se révèle dans le
Cœur du Christ.
Cette libération personnelle a certainement influencé le
reste de sa vie.
La mission dont il a chargé les communautés qu’il
fondait, se basait sur cette compréhension : DIEU EST AMOUR !
Dans sa première lettre, Saint Jean écrivit :
« Nous avons vécu l’amour de Dieu et ne pouvons
garder le silence sur ce que nous avons entendu et vu. »
Le désir de devenir un missionnaire du Sacré Cœur n’a
jamais abandonné Jules Chevalier.
C’est là que l’histoire de nos congrégations a commencé.
Le centre de la spiritualité du Cœur est la conscience du
fait que Dieu s’est révélé comme AMOUR dans le Cœur percé du Christ.
Au début, il y avait la dévotion au Sacré Cœur.
Après Vatican II, le père Cuskelly a élargi cette
compréhension en ajoutant une dimension importante : non seulement l’amour
de Dieu est visible dans le cœur de Jésus,
en tant que sœurs et frères, nous sommes également
appelés à rendre cet amour visible dans le monde. L’amour de Dieu veut
continuer à vivre et à travailler dans ce monde, par notre biais.
Au symposium Cuskelly à Issoudun, il y a quelques années,
Nick Harnan parlait de la « spiritualité de l’incarnation » !
L’amour de Dieu devient homme, non seulement dans la personne de Jésus, mais
dans toute personne qui croit à cet amour et l’a vécu dans son propre cœur. La
mission de vivre de cette manière signifie : être le cœur de Dieu dans le
monde.
Ceci va plus loin qu’une dévotion, c’est plus profond.
Cela appelle la personne toute entière.
Cela est impossible dans le temps limité des prières.
L’on ne peut le faire par demi-mesures.
Cela appelle toute ma vie dans un engagement sans
compromis.
Au début, il y a la rencontre de Dieu et l’expérience que
Dieu est amour, aussi pour moi. Lorsque je m’ouvre à cette expérience, un
processus de connaissance de soi démarre. Je vois mes désirs, mes défauts, mon
avidité de Dieu.
Je vis ma propre incapacité d’aimer. Cela peut causer une
douleur profonde.
Des pensées telles que : je ne suis pas digne, je
n’en suis pas capable, ce n’est rien pour moi, et d’autres pensées de
condamnation de soi peuvent surgir, décourager et même faire que je recule
devant le projet.
Un processus de purification interne commence. Ma
connaissance de soi peut m’aider à mettre ma personne entièrement dans les
mains de Dieu.
Je ne puis que m’ouvrir au pouvoir purificateur divin
avec un cœur et un esprit ouverts et disposés.
Je renonce à me condamner moi même.
Seul Dieu peut juger tout le monde et peut me juger.
Se remettre dans les mains de Dieu, en toute confiance,
n’a rien d’un geste passif, mais est une ouverture active au pouvoir
transformateur de l’amour de Dieu dans notre propre cœur.
C’est le chemin mystique de purification et de grâce.
Être le cœur de Dieu dans le monde ... signifie :
Je suis cœur de Dieu dans le monde ... comment est-ce
possible ?
Mon petit cœur, avec toutes ses faiblesses, serait le
cœur de Dieu ?
Ou s’agit-il d’une mission qui me permet d’être une
bénédiction pour d’autres ?
De nouveau : nous ne pouvons pas le faire
fonctionner !
C’est le pouvoir purificateur d’engagement que l’amour de
Dieu passe à travers nous comme par un canal ou comme la lumière qui passe par
une fenêtre claire.
Plus la fenêtre est claire, plus la lumière sera forte.
C’est exactement ce que signifient les paroles du sermon
sur la montagne :
« Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils
verront Dieu ». Cela signifie : vivre dans ce monde partout avec un
cœur clair et désintéressé.
« Voir Dieu » ne signifie pas avoir une vision
isolée de ce monde. Il s’agit plutôt de l’expérience qu’il n’existe aucun
endroit dans l’univers entier sans Dieu.
Dans chaque être humain, dans chaque fleur, chaque
étoile, je peux percevoir la beauté de Dieu, si mon œil intérieur est clair,
mon cœur ouvert et que je ne porte pas de jugement !
Si notre engagement social pour les droits de l’homme et
de la dignité, pour la protection de la création de Dieu, ne trouve pas son
origine dans cette source, il est questionnable.
Le Chemin du Cœur trouve son point de départ ainsi que
son point final dans le Cœur de Dieu.
En unité avec le Cœur de Dieu, notre propre cœur est
purifié, changé et transformé de manière subtile. Il est maintenant prêt à
servir avec un amour désintéressé.
Le Chemin du Cœur change ma relation avec Dieu, avec moi
même, avec les gens et la création dans son ensemble.
Être cœur de Dieu n’est pas une évidence.
C’est un processus de transformation engendré par l’amour
de Dieu.
Cela se montre dans la compassion, la solidarité et
l’engagement.
Merci pour votre attention !
Après la pause, je vous offrirai un exercice qui nous mènera
au silence.
Il est censé préparer nos cœurs.
Je vous donnerai également quelques idées sur une
formation en la matière.
Ceux qui souhaitent une copie écrite de cette allocation
peuvent inscrire leur nom sur une liste.
Jules
Chevalier – lectures quotidiennes – 21 juin
Les
apôtres virent comme des langues ardentes touchant la tête de chacun d’entre eux.
Pourquoi
la présence du Saint Esprit a-t-elle été révélée de la sorte ?
Parce
que le Saint Esprit est véritablement comme un feu ardent qui purifie l’esprit de toute impureté ;
un
feu vif qui illumine l’esprit et chasse l’obscurité ;
comme
un feu guérissant qui entre gentiment dans le cœur, le pénètre, le chauffe et l’enflamme.
Demandons-lui
d’entrer dans nous et d’y produire les mêmes effets bénis.
Notre
obscurité d’esprit a besoin de sa lumière ; notre esprit indolent est trop lent
pour posséder un enthousiasme pour le ciel : la terre le tient en
captivité, des créatures l’absorbent.
Oh,
Esprit de Dieu, vient et touche-nous avec le feu ardent de ton amour !
(Méditations I, p.
Partie II
Après cette pause, j’aimerais vous
présenter un exercice qui vous mènera au silence.
Je vous pose ici les questions suivantes :
Quand avez-vous été pour la dernière fois complètement
silencieux ?
Sans bouger, sans parler, sans chercher quoi que ce soit,
sans souhaiter quoi que ce soit, avec un esprit vide et un cœur ouvert ?
Vous aurez cette opportunité maintenant !
Tenez-vous droits sur votre chaise, les pieds par terre,
relâchez-vous et soyez calme.
Sentez votre respiration, inspiration et expiration.
Soyez conscients de ce qui se passe dans votre esprit,
quelles pensées y sont présentes.
Soyez conscients de vos émotions et sentiments – ici et
maintenant.
Soyez totalement présents, ici sur vos chaises, entourés
des autres dans ce local.
Fermez les yeux et sentez votre présence.
Sentez votre respiration et soyez attentifs à votre
inspiration et expiration.
Ce souffle unique, le premier de ma vie.
Si des pensées surgissent, laissez-les filer comme des nuages
dans le ciel.
Si votre corps devient agité, calmez-le par votre
respiration.
Ecoutez le silence dans vous.
Ecoutez et sentez le silence dans ce local.
Touchez le silence !
Sentez le silence derrière le silence.
Ne réfléchissez pas, sentez.
Sentez l’unité avec
les personnes présentes.
Sentez votre respiration se joindre à celle des autres,
dans ce silence et dans cette unité.
Plongez dans les profondeurs de votre propre cœur.
Dans le silence de votre cœur, il y a une présence – un
autre cœur qui bat - Jésus.
Prononcez son nom dans le silence de votre cœur.
Répétez le nom – Jésus – dans ce silence intérieur.
Que vos battements du cœur suivent les siens.
Que votre respiration suive la sienne.
Restez dans ce silence, respirez, sentez, écoutez dans ce
silence et cette infinité.
3 minutes de
silence
Merci de m’avoir
accompagnée dans cet exercice. J’espère que
vous avez ainsi senti la possibilité d’une prière
silencieuse intérieure – la prière très simple, rien que le nom : Jésus. Où
que vous soyez, à tout moment, cette prière pourra vous aider à avoir le cœur
et l’esprit ouverts et de rester uni avec le cœur de Dieu.
Formation spirituelle
– menant sur le Chemin du Cœur
1. Exercice qui
mène au silence
- entrez en
contact avec vous-même
- entrez en
contact avec Dieu qui vous attend dans votre propre cœur
- entrez en
contact avec Jésus qui vous guide, qui purifie, illumine et sanctifie nos cœurs.
(Ave admirabile)
-
C’est le
silence qui me confronte avec mes désirs, mes aspirations, mes forces et
faiblesses, mes plaies et amertume, mes côtés obscurs, non-désirés et repoussés.
-
Sur ce chemin, l’homme a
besoin d’aide de personnes avec une expérience spirituelle qui
assistent le processus d’acceptation
et de transformation de soi,
-
qui accompagnent les hauts et les bas et perçoivent les
orientations du Saint Esprit.
-
La guérison s’opère à l’intérieur. Nous ne pouvons la créer.
Il importe d’apporter du soutien et de l’encouragement
- pour
accepter les difficultés
- pour rester
sur ce chemin
- et pour
émerger purifié et doté de nouvelles vigueur et force.
- Etude et
réflexion sur la bible, la vie et les enseignements de Jésus
- Etude et
méditation sur les écritures de et sur Jules Chevalier afin d’être inspiré par lui et d’approfondir notre propre spiritualité.
vivre le côté
pratique de
Ainsi, nous
pouvons être « Cœur de Dieu dans le monde ».
Jules Chevalier – lectures
quotidiennes – 1er mars
Dieu me dit
Je t’ai aimé d’un amour éternel !
Moi !
C’est moi en particulier
que Dieu a tant aimé,
avec mon ingratitude, mes
péchés.
Dieu d’une majesté inégalée,
Dieu d’une beauté suprême et de perfection illimitée,
Dieu m’a aimé.
Dieu ! ... moi !
...
Quelle distance ...
L’infini ... et rien !
Aimé !
Oh, Dieu d’Amour,
faites-moi comprendre ce mot :
aimé !
Lui qui a toujours existé m’a toujours aimé,
et c’est par amour
qu’il a décrété ma création de toute éternité.
(Retraite, p.
Questions
pour le groupe de travail :